Le Retour…

juillet 29th, 2007 by caimanfu

Il était temps… Plusieurs semaines sans écrire, plusieurs semaines sans rien dire, plusieurs semaines dans l’alcool et les délires, plusieurs semaines dans le monde de la folie, mais enfin je m’en suis sorti!

Quoi?

Oui, je m’y suis laissé prendre, attiré par le côté obscure, si doux, si bon, si délicieux pour mes sens vicieux, mes désirs pernicieux.  Je me suis laissé charmer par tout ce qui pouvait m’attirer, j’ai dit oui à toutes les occasions de m’éclater, je n’ai pu refusée toutes ses mains qui voulaient me toucher…

Comme un milliardaire sur la cocaïne, comme une « rock star » sur la l’héroïne, je n’ai pu refuser les occasions qui se sont présentées, et le don de folie m’a échappé.  Je n’ai pu le contrôler, incapable de m’en dissocier, j’ai sombré dans une démence incontrôlé, un retour à une adolescence trop vite achevée.

Boire à ne pas rentrer travailler.  Pris nu sur les plaines entrain de baiser.  « Frencher » une fille qui venait de me saluer.  Monter à Ottawa en prenant une journée de congé.  Mon Dieu, quel délire insensé!

Mais soyez patients, chaque chose en son temps, ces histoires, je vais vous les raconter, mais aujourd’hui je suis revenu dans votre réalité.  Je respire votre air souillé, mais je me dois de l’inoculer, pour que je puisse me rappeler, que le côté obscur peut me désintégrer.  Je suis heureux de m’en sortir, d’être ici et de souffrir, il faut que j’apprenne à mieux le contrôler, le côté obscur est très rusé.

Bien humblement je dois avouer, je me croyais un maître expérimenté, je me croyais au dessus de toute faiblesse, mais j’ai connu un moment de détresse.  Je dois apprendre à contrôler le don de folie, retourner à la base de ce que j’ai appris, pour pouvoir ainsi mieux grandir et développer tout cet empire.  Oh oui, tout ceci aurait pu être bien mieux, bien plus délicieux, si j’avais su mieux manipuler, mieux jouer avec la folie démesurée…

Mais ce n’est que partie remise, folie tu m’as totalement conquise, tout ce qu’il faut c’est de la maîtrise, pour ne pas retomber dans cet état de crise.  Folie tu es ma muse divine, tu es la rose et les épines, une odeur irrésistible, une douleur indescriptible…

Robert, maître du don de folie (1)

juillet 6th, 2007 by caimanfu

Robert fut mon premier et mon seul maître de folie.  Il a éveillé en moi le don dès mon jeune âge, mais c’est par moi-même que j’ai du parfaire ma formation.  Il a éveillé ce don comme nous écoutons une symphonie, comme nous regardons un cocon éclore, comme nous caressons la peau d’une femme.

Comment?

Passionnément.  Robert le fou? Non! Robert le passionné, le détraqué.  Je me souviens.  Telle est notre devise, alors je me souviendrai.

Un dimanche matin, ma mère rendait visite à la sienne et moi, je rendais visite à Robert.  Nous arrivâmes chez eux, ma mère et sa mère assises dans la cuisine à discuter et moi, à leur côté à rêvasser.  Puis je sautais sur mes petites jambes de quatre ans et m’éclipsai furtivement sur le bout des pieds dans l’antre de mon maître.  J’ouvris la porte du sous-sol, jetai un œil sur les femmes à la cuisine et je disparus dans l’escalier. 

L’antre de Robert. 

*Antre : a) Cavité naturelle enfoncée profondément dans la terre ou dans le roc. b) Lieu sordide, redoutable.

Telle était la cave de Robert, son antre, un lieu sordide et redoutable que je croyais creusé dans le roc.  Il y avait peu de lumière, les fenêtres étaient obstruées, le plafond bas et très peu de place pour marcher.  Sur la gauche, en bas des marches, il y avait un piano sur lequel reposait un violon ainsi que tout sorte de chapeau, un casque d’armé, une casquette de policier.

Sur la droite, toutes sortes de machines plus terrifiantes les unes que les autres.  Je les regardais intriguées, terrifié.  Quand soudainement Robert me saisit le bras « Mais qu’est-ce que tu fais ici? »  Je sursautai.  « Tu veux que je passe ton bras dans cette machine? » Il pointa une vieille machine à laver avec un bassinet et deux rouleaux qui servaient à essorer le linge, mais moi, je n’en savais rien.  J’étais pétrifié.

Il me sourit, me fit un clin d’œil.  Je n’en avais pas moins peur.  « Grimpe ici! » Il me prit sous les bras et m’installa sur une caisse près d’une fenêtre. « Regarde! ».  Il ouvrit légèrement le rideau de tissus fleuri qui obstruait la fenêtre qui donnait sous l’escalier qui menait au deuxième étage.  Alors je regardai, mais je ne savais pas ou poser mes yeux.  « Tu vois la troisième marche ? » Robert avait chuchoté, alors je hochai la tête de peur de parler trop fort.  Mais je ne voyais rien de particulier.  J’étais obnubilé par cette cave mystérieuse, ces machines effrayantes et la proximité de Robert.

« Qu’est-ce qu’il y a sur la marche? »  Je me mis sur le bout des pieds, plissai les yeux et observai attentivement la marche en question. « Onh! » Mes yeux pétillaient, mes craintes étaient maintenant loin derrière et je me concentrais sur la pièce de monnaie déposer sur cette marche. 

Et puis, comme si Robert l’avait prévu, un homme se présenta aux bas des marches et il se mit à les gravir.  Il s’arrêta sur la deuxième marche en examinant la troisième et il redescendit.  Il se pencha pour saisir la pièce, mais celle-ci refusa de bouger.  Il essaya plus fort, avec ses ongles, mais la pièce demeura immobile.  Il se releva et observa la pièce intrigué, comme moi.  Il remonta les trois marches et donna de solide coup de pied à la pièce qui refusait toujours de bouger.  L’homme maugréa et jura puis s’en alla tout en haut de l’escalier.

Robert referma le rideau, il avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles.  Et lorsqu’il vit mon visage contrarié, il éclata d’un puissant rire en se frappa sur les genoux.  Je voulus ouvrir la bouche, lui demander par quel prodige cela était possible, mais il leva son index et il me dit de retourner d’où je venais…

Pourquoi?

juin 10th, 2007 by caimanfu

Pourquoi?  Pourquoi ai-je fait cela?  Pourquoi n’ai-je pu résister à la tentation d’écraser le visage de mon ami dans son gâteau d’anniversaire?  Pourquoi n’ai-je pu résister à la folie?

Pourquoi?

La réponse à cette question est bien simple et si évidente aujourd’hui.  Mon grand-père était un maître du don de folie et il le maîtrisait ce don comme pas d’autre.  À cette époque, il était un ami, un confident.  Robert.  Je me souviens des discutions que nous avions ensemble, des heures que je passais à discuter avec lui dans une petite cabane qu’il avait construite derrière sa maison, des sourires en coin qu’il me lançait pour tout et pour rien.

C’est lui qui m’a initié au don de la folie, dès mon jeune âge.  Malheureusement Robert est décédé alors que je n’avais que six ans.  Alors ma formation n’a pu être complétée et je n’ai pu être élevé au titre de maître du don de folie.  Ce que Robert m’avait appris a du dormir en moi durant plusieurs années avant de refaire surface, avant que je comprenne vraiment, de nouveau, que je possédais ce don.

Et aujourd’hui, je profite de cette tribune, pour te remercier Robert.  Merci d’avoir éveillé en moi ce don si merveilleux qu’il me permet aujourd’hui, trente ans plus tard, d’avoir une vie heureuse et magnifique.  Tu es parti trop tôt, comme tous les gens exceptionnels, mais dis-toi que ce que tu as entrepris avec moi, et bien, tu l’as parfaitement réussis.  Merci Robert!

Ma Première folie

juin 5th, 2007 by caimanfu

Contrairement à ce que pense beaucoup de gens, faire une folie n’est en aucun temps relié à une dépense monétaire (sic).  Dans les dictionnaires on nous expliquera que la folie est un trouble du comportement ou de l’esprit, considéré comme l’effet d’une maladie altérant les facultés mentales.  Mais encore. 

Mais qu’en est-il du don de folie?

Le don de folie est une activité psychologique instinctive, mais non point inconsciente.  Ne vous méprenez pas.  Lorsque nous possédons le don de la folie, nos agissements sont bels et biens instinctifs, ce qui les rend fous, mais ils sont entièrement délibérés et réfléchis, dans la mesure ou prendre une décision en une fraction de seconde est réfléchi.  Tout est relatif vous direz-vous, mais dites vous que ce l’est encore plus pour un fou.

Paradoxal?  Ne suis-je pas entrain de vous parler de folie?  Et vous?  Êtes-vous fou pour vous faire parler de folie par un fou qui croit posséder le don de folie et qui vous en parle durant l’une de ses « crises »?  Qui est le plus fou, celui qui l’est, ou celui qui le suit?  Alors si vous avez poussé votre lecture jusqu’ici, c’est que vous aussi vous sentez ce don de folie à porter de main.  Allez-vous réussir à le saisir?  Pourrais-je vous apprendre à le maîtriser?  Qui sait?  Mais en tout premier lier, dites-moi, qu’elle est la chose la plus folle que vous ayez fait dernièrement?

Ma première folie n’en est pas une d’amour, comme le voudrait
la légende.  Je ne dis point que la légende voulant que je me sois rendu, chevauchant un noble destrier, sous le balcon de ma bien-aimée, chemin Sainte-Foy, pour lui chanter tout mon amour, n’est pas fondé.  Mais une chose est sur, ce ne fut point mon premier moment de folie.

Celui-ci est survenu dans ma toute jeunesse.  En fait, c’est mon plus ancien souvenir, autre que celui d’une photographie dont je n’ai même pas souvenir qu’elle fut prise.  Le premier souvenir que j’ai de ma vie, en est un de folie.  Le destin n’est-il pas inexorable?  J’avais tout juste cinq ans, à cette époque je devais fièrement dire : « cinq ans et trois mois! » et c’était l’anniversaire de mon meilleur ami : le 29 août 1978.  Nous étions tous, je ne pourrais dire qui, à l’extérieur, le gâteau d’anniversaire sur la table, les chandelles, allumées, mon ami fier et enjoué. 

Et lorsqu’il s’est apprêté à souffler les bougies, la folie s’est emparée de moi!  J’aurais pu résister, j’en avais la force et l’envie, mais je voulus plus que toute autre chose savoir ce que c’était d’être fou.  Je voulus vivre pleinement une folie passagère, enfin ressentir ce bien-être que pouvait ressentir les fous, avoir ce petit rictus, ce sourire en coin signe de malice bien manigancée.  Et je lui écrasai le visage dans le glaçage chocolaté.

Une charge d’adrénaline vint envahir mon corps, une jouissance intemporelle, qui parut durée des heures me submergea, une sensation indescriptible que je ne manquerais pas de répéter m’éblouit. J’avais les membres crispés, j’étais sur le bout des pieds, les yeux grands ouverts et ce petit sourire qui ne me quitte plus, ce petit sourire qui, à force d’apparaître, a creusé une fossette sur chacune de mes joues.  Mes deux souvenirs suivants : le visage de mon ami, la main de mon père me serrant le bras…

L’éveil

juin 2nd, 2007 by caimanfu

La folie est un pouvoir extraordinaire.  Si simple à posséder, mais si complexe à maîtriser.  Il est facile de sombrer dans la folie démente, celle qui nous entraînera sans merci dans les méandres obscurs des univers parallèles, sans que nous puissions jamais en revenir.  Le côté sombre de la folie est si attirant!

Mais qu’a-t-il à nous offrir?

Rien ou peu.  En fait, ce qu’il a à nous offrir est une existence simpliste sans souci, sans tourment.  Être enfermé dans sa psychose, sans le savoir et ne pas vouloir s’en sortir, puisqu’elle nous empêche à jamais de revoir le monde tel qu’il était dans nos rêves.  Car le monde de nos rêves, celui que la plus part des gens croient réel, est bien différent du monde réel d’une personne possédant le don de la folie.

Lors de mon éveil, il y avait une confusion intense dans mon esprit.  J’avais de la difficulté à faire la différence entre le monde réel et le monde des rêves.  En fait, je ne savais pas encore lequel des deux mondes étaient vraiment vrais.  Et lorsque j’étais frappé par un moment de folie, je ne savais pas du tout que le monde dans lequel je me trouvais était le monde réel, tel que nous devions le voir et que tout le reste n’était qu’un rêve sans plus.

La folie, comme tout les dons, est incroyablement stimulent.  Dès que vous vous apercevez que vous possédez un don, vous voulez le maîtriser, l’utiliser, en connaître toutes les limites et les possibilités.  Vous imaginez tous les avantages que vous pouvez en tirer.  Le don est un pouvoir et l’Homme est un animal dont l’instinct primaire est le pouvoir, devenir le roi de la jungle.

Alors lorsque j’étais pris d’un moment de folie, j’essayais de l’apprivoiser.  J’essayais de contrôler mon esprit pour retirer le maximum de pouvoir que pouvait me donner ce don.  Mais ce fut sans grand succès.  Mes premiers balbutiements dans le monde de la folie se révélèrent passagers et douloureux.  Il m’en coûtait à chaque fois que je revenais dans le monde des rêves, dans ce monde où sans excès j’allais travailler pour gagner à peine assez d’argent pour me permettre d’aller travailler.  Le monde des rêves pour une personne ayant le don de la folie est si terne et sans vie, qu’il est d’une mélancolie sans borne.  Et encore plus, lorsque tu ne maîtrises pas le don de folie puisqu’il t’est impossible de retourner dans ton monde réel.

Mais un fou sans rêve terne et maussade est un fou condamné à errer à jamais dans le côté obscur de la folie.  On dit que la ligne est mince entre le génie et la folie, et bien moi je dis que le génie contrôle à la perfection le don de la folie.  Et moi?  Vais-je un jour contrôler ce don?  Ou me laisserais-je attirer par le côté obscur? 

Le début de la folie…

mai 27th, 2007 by caimanfu

Ce fut un matin comme les autres, du moins un matin qui n’annonçait rien de particulier.  Mais lorsque je me suis levé, c’est venu me frapper, je m’en suis rendu compte instantanément.  Ça commençait, pour de vrai.  Je commençais à devenir fou.  Il y a des jours comme ça, on ne sait pas pourquoi, mais on ressent quelque chose.  Un signe vient nous frapper, il nous éblouit par son allusion furtive, voir éphémère, car quelques secondes plus tard, on doute. 

Était-ce vraiment un signe?

Et depuis ce moment, je ne doute plus.  J’ai commencé à devenir ce fou qui se fit au firmament pour fouiller dans les feuilles des feuillus.  Alors ne vous étonnez pas si je vous interpelle par hasard au coin de la rue, ce ne sera point un hasard.  Un signe me sera apparut tout aussi clairement qu’une pleine lune d’une nuit sans nuage.