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Ma Première folie

Mardi, juin 5th, 2007

Contrairement à ce que pense beaucoup de gens, faire une folie n’est en aucun temps relié à une dépense monétaire (sic).  Dans les dictionnaires on nous expliquera que la folie est un trouble du comportement ou de l’esprit, considéré comme l’effet d’une maladie altérant les facultés mentales.  Mais encore. 

Mais qu’en est-il du don de folie?

Le don de folie est une activité psychologique instinctive, mais non point inconsciente.  Ne vous méprenez pas.  Lorsque nous possédons le don de la folie, nos agissements sont bels et biens instinctifs, ce qui les rend fous, mais ils sont entièrement délibérés et réfléchis, dans la mesure ou prendre une décision en une fraction de seconde est réfléchi.  Tout est relatif vous direz-vous, mais dites vous que ce l’est encore plus pour un fou.

Paradoxal?  Ne suis-je pas entrain de vous parler de folie?  Et vous?  Êtes-vous fou pour vous faire parler de folie par un fou qui croit posséder le don de folie et qui vous en parle durant l’une de ses « crises »?  Qui est le plus fou, celui qui l’est, ou celui qui le suit?  Alors si vous avez poussé votre lecture jusqu’ici, c’est que vous aussi vous sentez ce don de folie à porter de main.  Allez-vous réussir à le saisir?  Pourrais-je vous apprendre à le maîtriser?  Qui sait?  Mais en tout premier lier, dites-moi, qu’elle est la chose la plus folle que vous ayez fait dernièrement?

Ma première folie n’en est pas une d’amour, comme le voudrait
la légende.  Je ne dis point que la légende voulant que je me sois rendu, chevauchant un noble destrier, sous le balcon de ma bien-aimée, chemin Sainte-Foy, pour lui chanter tout mon amour, n’est pas fondé.  Mais une chose est sur, ce ne fut point mon premier moment de folie.

Celui-ci est survenu dans ma toute jeunesse.  En fait, c’est mon plus ancien souvenir, autre que celui d’une photographie dont je n’ai même pas souvenir qu’elle fut prise.  Le premier souvenir que j’ai de ma vie, en est un de folie.  Le destin n’est-il pas inexorable?  J’avais tout juste cinq ans, à cette époque je devais fièrement dire : « cinq ans et trois mois! » et c’était l’anniversaire de mon meilleur ami : le 29 août 1978.  Nous étions tous, je ne pourrais dire qui, à l’extérieur, le gâteau d’anniversaire sur la table, les chandelles, allumées, mon ami fier et enjoué. 

Et lorsqu’il s’est apprêté à souffler les bougies, la folie s’est emparée de moi!  J’aurais pu résister, j’en avais la force et l’envie, mais je voulus plus que toute autre chose savoir ce que c’était d’être fou.  Je voulus vivre pleinement une folie passagère, enfin ressentir ce bien-être que pouvait ressentir les fous, avoir ce petit rictus, ce sourire en coin signe de malice bien manigancée.  Et je lui écrasai le visage dans le glaçage chocolaté.

Une charge d’adrénaline vint envahir mon corps, une jouissance intemporelle, qui parut durée des heures me submergea, une sensation indescriptible que je ne manquerais pas de répéter m’éblouit. J’avais les membres crispés, j’étais sur le bout des pieds, les yeux grands ouverts et ce petit sourire qui ne me quitte plus, ce petit sourire qui, à force d’apparaître, a creusé une fossette sur chacune de mes joues.  Mes deux souvenirs suivants : le visage de mon ami, la main de mon père me serrant le bras…